Comment te sens-tu derrière ton masque?

 

As-tu déjà remarqué que même avant mars 2020 tu portais différent masque dépendamment des situations de la vie, de ton âge, etc. ?

Oui l’année 2020 nous a obligé à nous protéger d’un virus. Le port du masque est obligatoire dans toutes nos sorties. Cet accessoire fait maintenant partit de notre quotidien. Beaucoup de personnes se sont mis à la fabrication, offrant différente couleur, texture, forme. Certains offrent plus de protection contre les virus.

Mais que signifie vraiment le masque:

Le masque fait oublier la différence entre l’être et le paraître, aux frontières infimes que la conscience n’atteint pas. L’individu, en transformant son image, modifie son être. Le masque symbolise ce désir, c’est un exceptionnel instrument de métamorphose.

Savais-tu que nous portons tous à un moment ou à un autre des masques qui nous conviennent plus ou moins tout au long de notre vie?

Nous le faisons pour ce faire accepter, pour faire comme tout le monde, pour entrer dans un moule, pour faire plaisir.

Voici ma confession, ça m’est déjà arrivé!

Oui, moi aussi j’ai tombé dans ce piège. 

J’ai étudié en technique de bureautique, et oui à cette époque j’étais convaincue que travailler dans un bureau du matin au soir était fait pour moi. Pourtant, et  je m’en rends compte  aujourd’hui, en l’acceptant je rentrais dans le moule de la société, je mettais le masque que tout le monde désirait me voir porter. Tout simplement parce que je n’avais aucune espèce d’idées de ce que je voulais faire à 17 ans. Mais je savais au fond de moi que je voulais avoir mon entreprise et une famille. 

À  la naissance de ma fille, j’ai eu une révélation, je désirais plus que tout demeurer à la maison, élever mes enfants, mais également travailler à ma manière, être autonome. J’ai donc décidé d’orienter ma carrière. J’ai ouvert mon service de garde. Ma passion des enfants et mon désir d’entrepreneuriat ont été comblés.

J’ai donc laissé tomber un masque que je m’obligeais à porter et avec lequel je n’étais pas bien.

Au fil du temps j’ai eu mes garçons et je me suis perfectionné dans mon domaine, l’éducation à l’enfance. Je suis allé chercher mon diplôme d’éducation à l’enfance (Dec) et plusieurs heures de perfectionnement dans le domaine. 

Ma fille a grandit, elle a développé une anomalie à la colonne vertébrale, une scoliose de croissance. Je me suis alors demandé ce que je pouvais faire pour lui apporter l’aide et une meilleure qualité de vie. La vie m’a donc  orienté vers la massothérapie. J’ai ouvert ma clinique de massothérapie. J’enchaîne depuis les formations, qui me permettent de comprendre le corps humain, mais aussi à me donner des moyens de prendre soin de moi, de mes proches et de ma clientèle.

En 2017, j’ai combiné mes 2 passions, le corps humain et les enfants en devenant instructrice de massage pour enfant.

Les  petits  Popcorn  (les idées) dans ma tête n’arrêtent donc jamais et continues d’alimenter ma vie, de développer mon entreprise et de me permettre à m’épanouir.

Je suis en paix avec moi –même, je fais ce que j’aime et je me laisse aller ou la vie m’amène. 

Il y a 4 ans, j’ai décidé de faire comme tout le monde. J’ai décidé me mettre à off. J’ai fermé mon agenda, mes livres et go me voilà en vacances.

J’étais convaincu que c’était comme ça que mes vacances devraient être. Enfin, c’était ce que tout le monde disait au sujet des vacances.

Après la première journée, j’ai vraiment commencé à m’ennuyer. Je m’efforçais intensément à ne rien faire dans mon entreprise. Je ne prenais aucun rendez-vous, j’ai mis un message sur mon répondeur disant «Bonjour, je suis en vacances présentement, je prendrais mes messages le 14 août».

Je lisais des livres, je prenais soin de moi, mon conjoint et moi sortions souvent, nous allions voir des spectacles, prendre des marches. La vie était douce et calme. Mais au fond de moi, quelque chose était éteint. J’ai vraiment cru que je faisais une dépression. 

Je me suis tellement inquiété de mon état que j’ai pris un rendez-vous chez le docteur. Je sais que tu dois me trouver drôle, mais c’est vraiment la vérité. 

Je n’avais pu le goût de faire quoi que ce soit. Tout était lourd et pénible à faire. J’aurais dormi tout le temps. Mes livres, mon agenda et mon ordinateur me criaient de les ouvrir, mais le masque que j’avais décidé de porter pour faire comme tout le monde était lourd, il m’empêchait d’être moi-même et d’être bien.

Le dernier jeudi de mes 2 semaines de vacances, une éternité, une amie s’est coincée le dos et m’a appelé. Je crois que ce fut le signal de mon réveil, j’étais tellement contente de son appel  et d’être enfin arrivé à la fin des vacances que je lui ai donné un rendez-vous et je lui ai fait son traitement. Mes énergies sont revenues. Je pouvais enfin ranger le  masque dans le tiroir, une délivrance. 

Pourtant, des questions continuaient à me trotter dans la tête.

Pourquoi ne suis-je pas capable de faire comme tout le monde, arrêter de penser, de mijoter, de créer, de travailler?

Suis-je normale?

À la rentrée après mes “vacances” je suis allé à une conférence de la présidente du Réseau des Mères en affaire, Christine Marcotte. Celle-ci m’a réconcilié avec mes interrogations et moi-même.

J’ai enfin pu comprendre pourquoi je m’étais sentie ainsi pendant mes vacances.

J’ai compris que je suis faites ainsi, que c’était correct de prendre du temps pour créer, gérer mon entreprise si j’en ai le goût.

Pourquoi vouloir être comme tout le monde à tout pris, rentrer dans le moule.

Chaque personne est unique, personne n’a le même rythme, pourquoi ne pas se respecter et être soi-même?

C’est pourtant une notion que je connais bien et que j’applique à la lettre avec les petits et chaque client en massothérapie.

Pourquoi ne pas l’appliquer à moi également ? Ce fut une grand révélation pour moi.

Plus jamais je vais enfiler le masque de quelqu’un d’autre.

Être.  Être bien avec soi, être bien avec ce que nous faisons est essentiel au bonheur et l’être humain est fait pour être heureux.

Pourquoi endosser des masques pour être comme tout le monde et être malheureux? 

Laissons tomber les masques que nous pensons devoir porter pour faire plaisir aux autres.

Nous sommes belles et beaux tel que nous sommes, soyons bien avec nous-mêmes et fières d’êtres ce que nous sommes.

Mettons notre masque unique, sincère et d’une grande beauté, le nôtre

 

Annie Laberge

Massothérapeute agréée

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